Bristol : Quand les chiffres deviennent un outil de désinformation

Depuis quelques mois, on voit circuler un refrain bien rodé du côté de certaines associations : « Nous avons enfin les chiffres de Bristol ! » Et tout de suite derrière, l’affirmation péremptoire : une piscine à vagues artificielles consommerait 80 000 m³ d’eau potable par an. Voilà, c’est dit, circulez.

Leur méthode ? Prendre les trois premières années d’exploitation de The Wave (2021, 2022, 2023), faire une moyenne, et brandir le résultat comme une preuve. Sauf que… non. Ça ne tient pas debout, ni statistiquement, ni intellectuellement.

Les vrais chiffres de Bristol 💧

Voici les données de la consommation d’eau potable que The Wave publie noir sur blanc sur son propre site :

  • 2021 : 117 000 m³
  • 2022 : 92 000 m³
  • 2023 : 49 000 m³
  • 2024 : 51 500 m³

Et voici ce qu’ils en disent eux-mêmes dans leur rapport Impact Zone 2025 (en anglais) :

Capture d’écran du rapport « The Impact Zone » publié par The Wave. Copyright : The Wave, Bristol.

L’eau est essentielle à l’expérience The Wave, mais nous restons déterminés à contrôler constamment notre consommation d’eau. Après deux années de réduction significative, nous avons constaté une légère augmentation cette année, mais sans atteindre les niveaux observés précédemment. Cela s’explique principalement par l’allongement des horaires d’ouverture grâce à l’installation de projecteurs : plus il y a de surfeurs dans le lac, plus l’eau est absorbée par leurs combinaisons. Les vagues créent également des éclaboussures qui ressortent du bassin selon la configuration des vagues ; plus il y a de vagues, plus la perte d’eau est importante. Nous avons également mis à disposition des surfeurs des douches du camp, des douches chaudes, tout au long de l’hiver, ce qui n’était pas le cas auparavant. Cela permet aux clients de se réchauffer après avoir surfé en eau froide tout au long de l’hiver, mais augmente également notre consommation d’eau.

Bref, pas de dérive incontrôlée. Juste l’ajustement normal d’un site qui s’est professionnalisé. Résultat : leur consommation s’est stabilisée autour de 50 000 m³ par an.

Source : The Impact Zone, February 2025 (en) – The Wave, Bristol

Où est le problème alors ?

D’abord, les chiffres publiés par Bristol sont globaux : ils incluent le bassin, mais aussi le restaurant, les vestiaires et… un hôtel de 25 lodges qui peut héberger près de 100 personnes par nuit. Mélanger tout ça et prétendre que c’est “la consommation du surfpark de Canéjan” est déjà un raccourci plus que discutable.

Ensuite, faire la moyenne des trois premières années, c’est de la manipulation pure et simple.

Imaginez : vous commencez le jogging. La première sortie, vous tenez 15 minutes. Deux mois plus tard, vous courez une heure. Et six mois après, vous terminez un semi-marathon. Dire que « vous courez en moyenne 1h15 » est absurde. Ce qui compte, c’est votre niveau actuel : vous tenez un semi, point. Eh bien là, c’est la même chose : Bristol tourne aujourd’hui à 50 000 m³, pas à 80 000.

Enfin, rappelons que le bassin de Bristol est 1,5 fois plus grand que celui prévu à Canéjan. Ajoutez leur restaurant et leur hôtel, et la comparaison devient bancale.

Merci Bristol, confirmation reçue 🫡

Depuis le début, on se demandait comment on pouvait décemment ignorer que la dernière année affichait 49 000 m³. C’était déjà un signe clair de stabilisation. Avec la donnée 2024 (51 500 m³), The Wave vient confirmer officiellement que la consommation est désormais calée autour de 50 000 m³/an.

Autrement dit : exactement ce que nous disons depuis le départ, et ce que l’expert judiciaire a confirmé dans son rapport.

Conclusion : les faits sont têtus

  • Les chiffres réels de Bristol montrent une consommation stabilisée.
  • Le site de Bristol est bien plus grand et équipé que la future piscine à vagues de Canéjan.
  • Le besoin en eau sera donc mécaniquement inférieur à 50 000 m³/an*.

Pourquoi ? Parce qu’environ 20 000 m³/an seront directement couverts par les réserves d’eau de pluie du site. Et que l’eau de ville concernera uniquement les bâtiments (vestiaires, restauration, sanitaires), pour un total estimé autour de 15 000 m³/an.

Alors oui, on peut continuer à jouer avec des moyennes trompeuses et des chiffres sortis de leur contexte. Mais à la fin, les données sont là, vérifiables, publiées par l’exploitant de la piscine Wavegarden de Bristol lui-même.

C’est pourquoi nous demandons très clairement deux choses :

  • le retrait immédiat de la pétition qui continue à agiter des chiffres fantaisistes de 147 000 à 280 000 m³,
  • et le retrait du recours administratif qui, désormais, n’a tout simplement plus aucun fondement sérieux.

Les polémiques, ça fait du bruit. Les faits, eux, finissent toujours par s’imposer.


*Les données complètes de la consommation d’eau estimée à Canéjan sont présentées dans l’article sur l’expertise indépendante concernant la consommation d’eau du futur Surfpark.


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